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Le paysage imaginaire français s'est profondément remodelé en une dizaine d'années avec l'arrivée massive des héros de la performance : battants, entrepreneurs, aventuriers, sportifs, chômeurs créant leur propre entreprise ont fait une telle percée sur la scène publique qu'il n'est pas incongru de parler d'un véritable culte de la performance. Les mouvements sociaux n'ont-ils pas laissé la place aux gagneurs, le confort à la suractivité et les anciennes passions politiques aux charmes rudes de la concurrence ? Trois déplacements caractérisent ce culte. Les champions sportifs sont des symboles d'excellence sociale alors qu'ils étaient signe de l'arriération populaire. La consommation est un vecteur de réalisation personnelle alors qu'elle connotait auparavant aliénation et passivité. Le chef d'entreprise est devenu un modèle de conduite pour chacun alors qu'il était l'emblème de la domination des gros sur les petits. L'entreprise a désormais le premier rôle : elle est le nouveau réservoir des fictions françaises. Chaque individu doit conduire sa vie comme un vrai professionnel de la performance. L'entreprise serait la voie royale pour conquérir son autonomie, se repérer dans l'existence et définir son identité sociale.On nous enjoint de devenir les entrepreneurs de nos propres vies. L'auteur explore les mutations de sensibilité à l'oeuvre dans ces nouvelles mythologies françaises. Il décrit comment se modifient les moeurs d'une société, quand ses modèles politiques institués ne fournissent plus de solutions crédibles aux problèmes majeurs auxquels elle est confrontée et quand les utopies de la société idéale ont disparu.
Le paysage imaginaire français s'est profondément remodelé en une dizaine d'années avec l'arrivée massive des héros de la performance : battants, entrepreneurs, aventuriers, sportifs, chômeurs créant leur propre entreprise ont fait une telle percée sur la scène publique qu'il n'est pas incongru de parler d'un véritable culte de la performance. Les mouvements sociaux n'ont-ils pas laissé la place aux gagneurs, le confort à la suractivité et les anciennes passions politiques aux charmes rudes de la concurrence ? Trois déplacements caractérisent ce culte. Les champions sportifs sont des symboles d'excellence sociale alors qu'ils étaient signe de l'arriération populaire. La consommation est un vecteur de réalisation personnelle alors qu'elle connotait auparavant aliénation et passivité. Le chef d'entreprise est devenu un modèle de conduite pour chacun alors qu'il était l'emblème de la domination des gros sur les petits. L'entreprise a désormais le premier rôle : elle est le nouveau réservoir des fictions françaises. Chaque individu doit conduire sa vie comme un vrai professionnel de la performance. L'entreprise serait la voie royale pour conquérir son autonomie, se repérer dans l'existence et définir son identité sociale.On nous enjoint de devenir les entrepreneurs de nos propres vies. L'auteur explore les mutations de sensibilité à l'oeuvre dans ces nouvelles mythologies françaises. Il décrit comment se modifient les moeurs d'une société, quand ses modèles politiques institués ne fournissent plus de solutions crédibles aux problèmes majeurs auxquels elle est confrontée et quand les utopies de la société idéale ont disparu.
Publié chez CALMANN-LEVY en avril 1994, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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