Commandez en ligne, retrait gratuit en librairie
Si la tradition républicaine voit dans l'armée une école de démocratie, l'armée fait aussi partie de ces institutions closes où la démocratie est en suspens : le soldat n'est-il pas avant tout le modèle de l'obéissance absolue ? Dans une société de liberté, ne représente-t-il pas le symbole de la servitude ? Telle est la contradiction apparente - contradiction essentielle pour notre compréhension du fonctionnement politique moderne, et qui permet de s'interroger sur la notion, aujourd'hui fondamentale, d'autonomie - que l'auteur se propose d'analyser. En associant quatre niveaux de réalité - les conjonctures politiques, les représentations médicales du corps et de la puissance physique, les tactiques de combat et les méthodes pédagogiques -, essentiellement à partir de la fin du XVIIIe siècle puis entre la Restauration et 1918, Alain Ehrenberg montre comment les plus brillantes victoires militaires ne se conquièrent pas seulement sur les champs de bataille, mais tout autant dans la constitution d'un art politique de la relation humaine où, de l'apprentissage du pas cadencé à la maîtrise physique du combat, se dessine une sociabilité de l'affrontement qui n'est pas autre chose que le parcours du citoyen. Le dressage du soldat permet ainsi de comprendre une relation de pouvoir où - paradoxe de la pédagogie militaire, et peut-être de toute pédagogie - la soumission de l'individu n'est pas nettement dissemblable de son affranchissement, où tente de se fonder une économie concrète de la liberté.
Si la tradition républicaine voit dans l'armée une école de démocratie, l'armée fait aussi partie de ces institutions closes où la démocratie est en suspens : le soldat n'est-il pas avant tout le modèle de l'obéissance absolue ? Dans une société de liberté, ne représente-t-il pas le symbole de la servitude ? Telle est la contradiction apparente - contradiction essentielle pour notre compréhension du fonctionnement politique moderne, et qui permet de s'interroger sur la notion, aujourd'hui fondamentale, d'autonomie - que l'auteur se propose d'analyser. En associant quatre niveaux de réalité - les conjonctures politiques, les représentations médicales du corps et de la puissance physique, les tactiques de combat et les méthodes pédagogiques -, essentiellement à partir de la fin du XVIIIe siècle puis entre la Restauration et 1918, Alain Ehrenberg montre comment les plus brillantes victoires militaires ne se conquièrent pas seulement sur les champs de bataille, mais tout autant dans la constitution d'un art politique de la relation humaine où, de l'apprentissage du pas cadencé à la maîtrise physique du combat, se dessine une sociabilité de l'affrontement qui n'est pas autre chose que le parcours du citoyen. Le dressage du soldat permet ainsi de comprendre une relation de pouvoir où - paradoxe de la pédagogie militaire, et peut-être de toute pédagogie - la soumission de l'individu n'est pas nettement dissemblable de son affranchissement, où tente de se fonder une économie concrète de la liberté.
Publié chez AUBIER en janvier 1992, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
Chaque livre présent dans notre librairie a été lu ou parcouru par notre équipe. Ce titre nous a particulièrement marqués pour sa qualité d’écriture et la justesse de son propos. N’hésitez pas à passer à la librairie : nous serons heureux d’en discuter avec vous.
Aucun avis pour le moment — soyez le premier à donner le vôtre.
Connectez-vous pour laisser un avis.
Un libraire lit votre message et vous répond — sur Le Corps militaire comme sur ce que vous pourriez lire ensuite.
Une question fréquente, à compléterVotre adresse sert uniquement à vous répondre. Elle n’est ni affichée, ni transmise : la librairie répond par la messagerie Vitaville.
0/2000