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Amato est un livre photographique qui prend naissance dans un lieu précis : un atelier de mécanique à Casablanca, fondé par le grand-père de l’artiste, arrivé d’Italie pendant la guerre. L’atelier existe encore, avec ses machines, ses ouvriers, ses gestes, mais il est fragilisé, menacé de disparition. C’est à partir de cet espace que le projet se construit, non pour reconstituer une histoire familiale, mais pour explorer ce qui subsiste, ce qui se transforme, et ce qui se transmet. Le livre met en regard plusieurs temporalités : celle du grand-père, celle du père qui a grandi à Casablanca avant de partir en France, et celle de l’artiste qui revient sur ces traces sans les avoir connues directement. À travers ce décalage, Amato interroge les liens entre mémoire et présent, et la manière dont les histoires individuelles s’inscrivent dans des trajectoires plus larges, entre migrations, héritages et déplacements. La première partie du livre suit un mouvement progressif. Elle s’ouvre dans l’atelier, au plus près des machines, des matières et des corps au travail. Les images y sont denses, parfois frontales, marquées par l’usure, la répétition, la fatigue. Peu à peu, le regard se déplace vers l’extérieur : les rues, les plages, les lieux de sociabilité. Une jeunesse marocaine apparaît, libre, mobile, souvent photographiée en groupe. Ce passage du monde industriel vers les corps et les usages contemporains structure la narration visuelle du livre. Il ne s’agit pas d’opposer deux mondes, mais de faire apparaître un basculement, une continuité traversée par des tensions. La seconde partie prend la forme d’un journal. Écrit au fil des séjours à Casablanca, il rassemble des fragments, des anecdotes, des récits issus d’entretiens familiaux et de rencontres sur place. On y croise les ouvriers de l’atelier, leurs trajectoires, leurs conditions de travail, mais aussi les jeunes rencontrés dans la ville, leurs aspirations, leurs contraintes, leurs façons de circuler entre différents mondes. Ces textes ne viennent pas expliquer les images : ils ouvrent d’autres pistes et déplacent le regard. Le dispositif du livre repose sur cette articulation entre image et texte. Les photographies ne sont pas illustratives, elles construisent leur propre récit, tandis que le journal introduit une autre temporalité, plus directe, plus narrative. L’ensemble forme un récit où l’histoire personnelle devient un point d’entrée pour interroger des enjeux plus larges liés à l’exil, à l’appartenance et aux transformations sociales. Par son ancrage dans un lieu réel et par la place donnée aux personnes rencontrées, Amato s’inscrit dans une approche documentaire, tout en conservant une dimension personnelle forte. Le livre propose ainsi une lecture qui peut être saisie à plusieurs niveaux : comme une histoire familiale, , comme un portrait de Casablanca aujourd’hui, ou comme une réflexion sur ce que deviennent les lieux et les héritage
Amato est un livre photographique qui prend naissance dans un lieu précis : un atelier de mécanique à Casablanca, fondé par le grand-père de l’artiste, arrivé d’Italie pendant la guerre. L’atelier existe encore, avec ses machines, ses ouvriers, ses gestes, mais il est fragilisé, menacé de disparition. C’est à partir de cet espace que le projet se construit, non pour reconstituer une histoire familiale, mais pour explorer ce qui subsiste, ce qui se transforme, et ce qui se transmet. Le livre met en regard plusieurs temporalités : celle du grand-père, celle du père qui a grandi à Casablanca avant de partir en France, et celle de l’artiste qui revient sur ces traces sans les avoir connues directement. À travers ce décalage, Amato interroge les liens entre mémoire et présent, et la manière dont les histoires individuelles s’inscrivent dans des trajectoires plus larges, entre migrations, héritages et déplacements. La première partie du livre suit un mouvement progressif. Elle s’ouvre dans l’atelier, au plus près des machines, des matières et des corps au travail. Les images y sont denses, parfois frontales, marquées par l’usure, la répétition, la fatigue. Peu à peu, le regard se déplace vers l’extérieur : les rues, les plages, les lieux de sociabilité. Une jeunesse marocaine apparaît, libre, mobile, souvent photographiée en groupe. Ce passage du monde industriel vers les corps et les usages contemporains structure la narration visuelle du livre. Il ne s’agit pas d’opposer deux mondes, mais de faire apparaître un basculement, une continuité traversée par des tensions. La seconde partie prend la forme d’un journal. Écrit au fil des séjours à Casablanca, il rassemble des fragments, des anecdotes, des récits issus d’entretiens familiaux et de rencontres sur place. On y croise les ouvriers de l’atelier, leurs trajectoires, leurs conditions de travail, mais aussi les jeunes rencontrés dans la ville, leurs aspirations, leurs contraintes, leurs façons de circuler entre différents mondes. Ces textes ne viennent pas expliquer les images : ils ouvrent d’autres pistes et déplacent le regard. Le dispositif du livre repose sur cette articulation entre image et texte. Les photographies ne sont pas illustratives, elles construisent leur propre récit, tandis que le journal introduit une autre temporalité, plus directe, plus narrative. L’ensemble forme un récit où l’histoire personnelle devient un point d’entrée pour interroger des enjeux plus larges liés à l’exil, à l’appartenance et aux transformations sociales. Par son ancrage dans un lieu réel et par la place donnée aux personnes rencontrées, Amato s’inscrit dans une approche documentaire, tout en conservant une dimension personnelle forte. Le livre propose ainsi une lecture qui peut être saisie à plusieurs niveaux : comme une histoire familiale, , comme un portrait de Casablanca aujourd’hui, ou comme une réflexion sur ce que deviennent les lieux et les héritage
Publié chez RUE DU BOUQUET en octobre 2026, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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