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La défense des intérêts des travailleurs ne se joue plus seulement dans les rapports de forces directs entre salariés et employeurs. Le droit du travail et le système de protection social définissent un cadre légal pour garantir ces intérêts et c’est de plus en plus devant les instances judiciaires que se joue leur défense. Le monde de la justice n’est pas le monde irénique où se réalise une prise en compte équitable des intérêts, immune aux inégalités sociales parfois immenses entre les partis en présence. Victimes d’accidents ou de maladies dont ils voudraient faire reconnaître l’origine professionnelle, des salariés sont pris dans un jeu où ils sont confrontés aux caisses d’assurance maladie et aux employeurs. Ces derniers, pour leur part, n’hésitent pas à attaquer les caisses toujours trop promptes à leurs yeux à valider l’origine professionnelle des maux du travail. Pour faire apparaître comment la souffrance au travail se voit reconnue par le droit, l’ouvrage s’appuie sur une enquête menée sur six ans dans huit juridictions dans lesquelles toutes les parties juridiques en présence (juges, assesseurs, représentant·es des caisses, avocat·es d’employeurs et de salariés) ont été interrogées en regard de l’analyse fouillée d’une trentaine d’audiences. La justice procède d’une alchimie qui transmute les requêtes profanes des justiciables en attendus qualifiés juridiquement. Mais cette alchimie ne prend pas en compte de la même manière toutes les formes des douleurs du travail, les lésions physiques, les troubles musculosquelettiques ou les dépressions. Et à ce jeu les femmes sont le plus souvent perdantes. Apparaît ainsi comment, à l’insu de ceux qui agissent au nom du droit, les inégalités de classe et de genre façonnent les affaires traitées, les pratiques de jugement et les chances d’obtenir gain de cause.
La défense des intérêts des travailleurs ne se joue plus seulement dans les rapports de forces directs entre salariés et employeurs. Le droit du travail et le système de protection social définissent un cadre légal pour garantir ces intérêts et c’est de plus en plus devant les instances judiciaires que se joue leur défense. Le monde de la justice n’est pas le monde irénique où se réalise une prise en compte équitable des intérêts, immune aux inégalités sociales parfois immenses entre les partis en présence. Victimes d’accidents ou de maladies dont ils voudraient faire reconnaître l’origine professionnelle, des salariés sont pris dans un jeu où ils sont confrontés aux caisses d’assurance maladie et aux employeurs. Ces derniers, pour leur part, n’hésitent pas à attaquer les caisses toujours trop promptes à leurs yeux à valider l’origine professionnelle des maux du travail. Pour faire apparaître comment la souffrance au travail se voit reconnue par le droit, l’ouvrage s’appuie sur une enquête menée sur six ans dans huit juridictions dans lesquelles toutes les parties juridiques en présence (juges, assesseurs, représentant·es des caisses, avocat·es d’employeurs et de salariés) ont été interrogées en regard de l’analyse fouillée d’une trentaine d’audiences. La justice procède d’une alchimie qui transmute les requêtes profanes des justiciables en attendus qualifiés juridiquement. Mais cette alchimie ne prend pas en compte de la même manière toutes les formes des douleurs du travail, les lésions physiques, les troubles musculosquelettiques ou les dépressions. Et à ce jeu les femmes sont le plus souvent perdantes. Apparaît ainsi comment, à l’insu de ceux qui agissent au nom du droit, les inégalités de classe et de genre façonnent les affaires traitées, les pratiques de jugement et les chances d’obtenir gain de cause.
Publié chez Raisons d'agir en octobre 2024, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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