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«Observés, élevés, cultivés, comptés, mesurés, croisés, testés, disséqués, recombinés, séquencés, ils ont donné leur corps à la science. Pour la science, la mouche a changé la couleur de ses yeux, le crapaud a mis des caleçons, l'escargot de mer a exhibé ses neurones, le ver a offert sa transparence, la souris a mis ses gènes aux enchères, le rat a parcouru des labyrinthes, le poulet a chanté comme une caille, le poisson-zèbre a reformé sa nageoire et les planaires se sont coupées en quatre. Ces animaux ont "fait" la science. Car ils n'ont pas seulement donné leur corps, ils ont aussi et surtout fourni généreusement méthodes, concepts et problèmes aux hommes et femmes de science qui les interrogent, les obligeant sans cesse à reformuler leur questionnement. À la fois acteurs et partenaires d'une ambitieuse entreprise collective, ils ont été partie prenante à l'édification des connaissances sur le vivant. Si, dès leur entrée dans le laboratoire, ces organismes sont profondément modifiés, ils remodèlent en retour les scientifiques qui les étudient. Chacun transforme l'autre: cherchez l'animal, vous trouverez le chercheur! Et pourtant, bien qu'elles peuplent par milliers les laboratoires du monde entier, ces "bêtes de science" restent largement méconnues. Un paradoxe regrettable, car sans elles, que serait la recherche sur le vivant, et surtout, que saurions-nous de nous-mêmes?» C..B Couverture: illustration Michel Lablais
«Observés, élevés, cultivés, comptés, mesurés, croisés, testés, disséqués, recombinés, séquencés, ils ont donné leur corps à la science. Pour la science, la mouche a changé la couleur de ses yeux, le crapaud a mis des caleçons, l'escargot de mer a exhibé ses neurones, le ver a offert sa transparence, la souris a mis ses gènes aux enchères, le rat a parcouru des labyrinthes, le poulet a chanté comme une caille, le poisson-zèbre a reformé sa nageoire et les planaires se sont coupées en quatre. Ces animaux ont "fait" la science. Car ils n'ont pas seulement donné leur corps, ils ont aussi et surtout fourni généreusement méthodes, concepts et problèmes aux hommes et femmes de science qui les interrogent, les obligeant sans cesse à reformuler leur questionnement. À la fois acteurs et partenaires d'une ambitieuse entreprise collective, ils ont été partie prenante à l'édification des connaissances sur le vivant. Si, dès leur entrée dans le laboratoire, ces organismes sont profondément modifiés, ils remodèlent en retour les scientifiques qui les étudient. Chacun transforme l'autre: cherchez l'animal, vous trouverez le chercheur! Et pourtant, bien qu'elles peuplent par milliers les laboratoires du monde entier, ces "bêtes de science" restent largement méconnues. Un paradoxe regrettable, car sans elles, que serait la recherche sur le vivant, et surtout, que saurions-nous de nous-mêmes?» C..B Couverture: illustration Michel Lablais
Publié chez Seuil en septembre 2003, cet ouvrage fait partie de nos recommandations au rayon Romans.
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